ChatGPT : un génie et ses limites !

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16 février 2023
Cet article a été écrit par une main humaine ! Ce n’est pas le cas de l’édito de cette semaine qui l’a été par le fameux ChatGPT, qui ravit certains et en terrifie d’autres. Au-delà de l’anecdote, pour les CDF, cette intelligence artificielle ne peut pas être jetée avec l’eau du bain. Elle est utile mais ne remplacera jamais la relation humaine, aussi vaut-il mieux savoir la domestiquer.

Depuis plusieurs semaines, le monde tremble. Un nouveau moteur d’intelligence artificielle, OpenChat GPT, ouvre ses portes au public et devient, en seulement quelques jours, un outil utilisé par des dizaines de millions d’utilisateurs. Les résultats sont bluffants : le robot permet d’écrire des poèmes, il aide à développer des applications, réalise en instantané des tâches de secrétariat ou synthétise des dizaines de milliers d’articles en textes simples et compréhensibles.

Le robot a franchi successivement les étapes de l’examen du barreau américain, et les fameux boards en médecine. Les universités sont alarmées : les étudiants peuvent désormais, en 30 secondes, répondre aux essais qui leur sont demandés dans la plupart des universités. Les modèles d’éducation « à la papa » vont devoir inévitablement évoluer.

L’accès à ChatGPT est gratuit  

Était-ce prévisible ? Oui. La fameuse loi de Moore nous indique que les capacités de traitement de données doublent globalement chaque année. Nombre d’industries utilisent déjà des réseaux neuronaux pour des tâches qui étaient, il y a encore 5 ans, du domaine exclusif de l’humain. Il est désormais possible de générer des logos, des graphiques, des vidéos, des voix off, des traductions simultanées en IA… Les algorithmes dépassent les performances de l’être humain dans des tâches spécifiques de la médecine ; la radiologie et la biologie ayant été les premiers exemples. ChatGPT est le visage « humain » de la capacité actuelle de nos systèmes d’information.

Qui peut l’utiliser ?

Tout le monde. Que ce soit pour une recherche documentaire, une trame pour un courrier, un résumé de pages web, des idées de voyages, etc., ChatGPT est devenu le nouvel assistant personnel sur mesure, qui comprend au fur et à mesure des questions, de plus en plus précisément la demande.

Quels en sont les écueils ?

Le moteur est actuellement une version “béta” lancé hâtivement pour couper l’herbe sous le pied de la concurrence. Il est entraîné sur des bases de données antérieures à 2020 dont les sources sont inconnues. Il est pour l’instant impossible de savoir dans quels registres le logiciel “pioche” ses informations. Les résultats sont donc à prendre avec prudence, même si le robot “prend des précautions” notamment dans les domaines de la santé et du droit. Selon lui, il lui est difficile de comprendre les questions complexes et les nuances sémantiques. Les cas de réponses incongrues sont nombreux, même si dans l’ensemble, les résultats sont bluffants. N’hésitez donc pas à essayer !

Où en est-on ?

La course effrénée est lancée chez les géants du Web. Satya Nadella, le charismatique leader de Microsoft a mis le grappin sur ChatGPT et intégré le robot à son navigateur edge, afin d’augmenter l’expérience utilisateur. Google a essayé de rattraper son retard en lançant Bard, son propre chatbot IA, qui n’a pas convaincu, effaçant ainsi plus de 100 milliards de valorisation boursière en une seule journée. Des positions dominantes historiques peuvent donc être amenées à être balayées du jour au lendemain. Les applications sont concrètes, et la plupart des professions seront touchées d’une manière ou d’une autre. Le débat n’est plus de savoir s’il faut travailler avec ces nouveaux outils, mais comment. En effet, la version 4 de ChatGPT, attendue cette année, sera probablement 500 fois plus puissante que la version actuelle.

Le test de l’édito

Par provocation et espièglerie, nous avons demandé à ChatGPT d’écrire un « un éditorial pour le magazine du syndicat Les Chirurgiens-Dentistes de France sur le thème des nouvelles négociations conventionnelles ». Comme chez les CDF on écrit bien et on y prétend, les commentaires du bureau confédéral et de la rédaction n’ont pas manqué de souligner la vacuité et le manque de style du robot. La transformation digitale ne date pas d’hier et n’a pas été sans impact dans le monde politique et syndical. Seul endroit où les confrères pouvaient trouver « de l’information » sur leur environnement professionnel, Les CDF ont vu une de leurs missions premières « concurrencées » par les forums internet, et les réseaux sociaux. Il est ainsi devenu possible de trouver sur Facebook en quelques minutes des informations basiques sur les cotations CCAM ou sur un litige par exemple… sans se faire insulter !

Mais au-delà de la capacité et de la célérité de réaction et de rédaction de tous ces outils numériques, à ce jour, cet édito virtuel le confirme, s’il est capable de rédiger un article, il utilise un langage convenu, inodore, incolore et sans saveur ! Il lui manque l’essentiel : l’âme, le volontarisme et l’engagement qui n’appartiennent qu’à l’être humain. Si les progrès du monde virtuel en sont encore au stade embryonnaire, le danger est le formatage d’un mode de pensée et la fabrique de clones. Or, la politique et le syndicalisme, ce n’est pas ça. Au contraire, ils sont l’expression de la liberté de concevoir, de réfléchir par soi-même sans avoir besoin d’algorithmes aussi sophistiqués soient-ils.

 

Édito ChatGPT

Primauté de la relation humaine

Les CDF ont déjà su – et sauront – s’adapter à ces évolutions en se consacrant à ce qu’ils connaissent le mieux : l’humain. Notre maillage territorial et nos relais départementaux sont plus que jamais une force pour nos confrères. Notre rôle est de consolider notre réseau qui permet à chacun de nos adhérents de trouver le conseil personnalisé et le soutien tout au long de son parcours professionnel. La réorganisation de nos services en cours se focalise de plus en plus sur les rendez-vous individuels, le mentorat, l’accompagnement et la prise en charge de dossiers complexes. Si ChaptGPT pourra rédiger des statuts de sociétés classiques en moins de deux minutes, il ne sera jamais « conscient » des interactions humaines de votre environnement professionnel, ou encore porter une attention particulière à votre équilibre personnel.

Les CDF ne se sentent donc nullement concurrencés par ces nouvelles technologies ; ils les accueillent avec enthousiasme pour gagner en productivité en ayant conscience de leur apport mais aussi de leurs limites pour conserver toute liberté d’action et de pensée et de se concentrer sur vous. 

Pierre-Olivier Donnat, Président des CDF