Nous parlons souvent d’avenir, terme qui n’est pas forcément celui auquel on pense quand on aborde la retraite. Et pourtant, c’est bien de l’avenir de la retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes dont il est question et cela concerne aussi bien nos aînés que les plus jeunes. Les premiers pour d’évidentes raisons de « proximité », les seconds pour que leurs cotisations soient maîtrisées et non à fonds perdus, tout en leur assurant à terme une rente décente. Cette recherche permanente d’une gestion efficiente a toujours guidé l’action des CDF. C’est elle qui a permis de constituer des réserves de près de 5 milliards d’euros, qui garantissent la pérennité de notre système complémentaire.
Mais les temps changent, la démographie évolue. Avec l’afflux des diplômés hors de nos frontières et la disparition du numerus clausus, le déséquilibre envisagé il y a 20 ans n’est plus d’actualité de nos jours. Par ailleurs, nos réserves attisent les convoitises. Des ajustements seront donc nécessaires, d’autant plus que la tentative de réforme en 2020 vers un régime universel a été interrompue davantage à cause de la pandémie Covid-19 que par l’absence de volonté politique. Ne nous leurrons pas ! Notre pays n’échappera pas à une réforme générale des retraites après les élections présidentielles en 2022.
Nous étions opposés à un régime universel ; nous le sommes toujours. Pour des raisons d’équité autant que de légitimité. D’équité, dans la mesure où les praticiens abondent solidairement au régime de base, et de légitimité car ils cotisent à un régime complémentaire pour pallier les insuffisances de ce régime de base. Il serait inconstitutionnel de siphonner ces réserves patiemment constituées par l’effort des cotisants et la gestion avisée des administrateurs de la CARCDSF qui ont fait preuve de perspicacité et de justesse dans le placement de ces fonds.
Les CDF militent pour conserver notre autonomie de gestion à la Caisse de retraite
À une époque où les contraintes sanitaires impactent les cabinets dentaires, une politique d’allègement des charges fixes doit absolument être menée pour les très petites entreprises que nous sommes. En tenant compte de ces paramètres (démographie et réserves), sans remettre en cause le principe de la répartition et de l’effort solidaire, les CDF militent pour conserver notre autonomie de gestion de notre Caisse de retraite. C’est cette autonomie qui, lors du premier confinement, nous a permis de recevoir une aide de 4 500 €. Nous sommes aussi favorables à un assouplissement des cotisations afin de dégager des marges de manoeuvre pour les cabinets dentaires.
Voter pour notre retraite, c’est l’affaire de tous. Gérer notre Caisse de retraite, garantir son autonomie, c’est l’affaire de spécialistes, volontaires, experts et réalistes, face aux enjeux d’aujourd’hui mais aussi de demain. Voter les CDF, c’est l’assurance d’une gestion au plus juste de nos cotisations et la garantie de prestations sécurisantes. Voter les CDF, c’est l’affaire d’une vie.
Thierry Soulié Président