Les enjeux sont multiples, avec en toile de fond, des réformes à entreprendre qui devront maîtriser les suites du « quoi qu’il en coûte », tout en investissant de manière utile pour le bien de tous.
En matière de santé, comme dans d’autres secteurs, les propositions des candidats ne manqueront évidemment pas. Entre les plus démagogiques et les plus farfelues, il faudra trier le bon grain de l’ivraie car à n’en pas douter, certaines d’entre elles s’appliqueront un jour ou l’autre. Ce fut le cas, par exemple, de la promesse présidentielle d’un panier RAC0 pour les prothèses dentaires, l’audioprothèse et l’optique, qui s’est concrétisée par le 100 % Santé dans les deux ans qui ont suivi.
Les enjeux en matière de santé sont énormes. La crise de la Covid-19 a mis en lumière de nombreuses failles du système dont on avait trop longtemps cru qu’il était le meilleur du monde. Il y a sans nul doute bien plus mauvais que nous, mais comme dans de nombreux secteurs d’activité, notre nombrilisme franchouillard a amené certains de nos dirigeants politiques à glisser la poussière sous le tapis pour masquer quelques graves lacunes, par manque de clairvoyance parfois et par manque de courage aussi. Ce fut le cas des fournitures d’EPI qui ont si cruellement manqué lors du premier confinement. C’est aussi le cas actuellement avec le manque de personnel dans les hôpitaux, lesquels sont obligés de faire appel à des intérimaires pour assurer des soins. C’est aussi le problème récurrent de la démographie qui pose de grandes difficultés d’accès aux soins avec des files d’attente qui s’allongent. Elles génèrent de la souffrance tant pour les patients que chez les professionnels qui n’en peuvent plus, surtout dans certaines zones couramment classifiées de sous-dotées.
Et le dentaire dans tout ça ? Il ne faudrait pas croire que la Convention a tout réglé. Certes, elle a permis une solvabilisation pour des personnes qui avaient de plus en plus de difficultés à se faire soigner. Les chiffres attestent d’un dynamisme dans l’activité, ce qui ne doit pas masquer les insuffisances qui persistent et que la crise sanitaire a accentuées.
Il ne faudrait pas croire que la Convention a tout réglé
Les enjeux pour notre métier sont nombreux : le Conseil d’administration confédéral réuni à Paris, mi-octobre, les a clairement identifiés. Notamment, l’urgence à faire aboutir le dossier de l’assistant dentaire de niveau 2 et à rendre attractif l’exercice libéral de proximité afin d’inciter nos jeunes à s’investir dans ce modèle plutôt que d’aller se jeter dans celui des centres de santé. Lesquels démontrent à travers de multiples exemples, qu’en voulant rompre un soi-disant monopole, on aboutit à des scandales sanitaires et sociétaux difficilement réparables. Sans parler des méthodes de recrutement et de l’effet captif de ces centres qui « assèchent » les endroits où il manque beaucoup de praticiens.
Nous aurons l’occasion de revenir en détail sur tous ces enjeux dans les semaines qui viennent.
Thierry Soulié Président