Liban : 250 cabinets dentaires dévastés

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17 septembre 2020
Plus de 190 morts et 6 000 blessés. Début août, une explosion, la troisième plus puissante depuis Hiroshima et Nagasaki, a soufflé la ville de Beyrouth, au Liban, alors même que le pays souffre, depuis plusieurs mois, d’une grave crise économique aggravée par l’épidémie de Covid-19. Deux chirurgiens-dentistes, qui vivent et travaillent sur place, racontent.

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Le 4 août dernier, aux alentours de 18h, Gabriel Badr, 59 ans, a déjà quitté à son cabinet. « Je rendais visite à mon frère, à trois-quatre kilomètres de Beyrouth », explique-t-il. Il a tout de même entendu les deux puissantes explosions qui ont anéanti toute une partie de la ville. « C’était apocalyptique », se souvient-il. Heureusement, ses proches n’ont pas été touchés. Sa maison et son cabinet attenant, situés à environ 600 mètres du port, ont subi divers dégâts. « Toutes les portes vitrées et les fenêtres ont été brisées, la salle d’attente de mon cabinet a été dévastée ; seuls ma salle de soins et mes équipements ont été miraculeusement épargnés et sont restés intacts », résume-t-il.

À proximité, l’hôpital Saint-Georges, l’un des plus réputés de Beyrouth, a été « complètement détruit ».

250 cabinets dentaires dévastés

Joseph Ghoubril, 61 ans, a lui aussi le sentiment d’avoir échappé au pire. Les murs de la polyclinique dans laquelle il exerce avec son fils, orthodontiste comme lui, et sa fille, spécialisée en paro-implantologie, sont toujours debout. Les murs mais… « les portes, les surfaces en verre, les rideaux électriques ou encore le sol vinyle sont à remplacer. Nous faisons vraiment partie des chanceux, estime-t-il. Sur nos quatre fauteuils, seul un a été touché. » À l’inverse, le cabinet de l’un de ses confrères « est entièrement démoli ». Et même « si elle en a vu d’autres », avec la guerre notamment, la fac d’odontologie, où il enseigne, doit subir des réparations majeures.

Une crise économique majeure…

Aujourd’hui, la remise en état de ses locaux n’est pas terminée, mais le Dr Ghoubril a pu reprendre son activité pour assurer le suivi de ses patients. « Ils n’ont, pour la plupart, qu’une petite somme à verser chaque mois pour leurs soins orthodontiques et peuvent généralement en supporter le coût », note-t-il. Les générateurs de quartier prennent régulièrement le relais d’EDL (l’équivalent d’EDF) pour fournir de l’électricité. Pour le Dr Badr, la situation reste complexe. S’il a pu lui aussi rouvrir ses portes, il traite essentiellement des urgences. Il faut dire que cette double explosion intervient dans un contexte de crise économique qui frappe durement le pays depuis le mois d’octobre 2019. La livre libanaise a considérablement perdu de sa valeur. Les prix flambent (...)

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Au secours des confrères libanais

À l’instar de nombreuses associations, d’industriels, de particuliers ou de l’ADF, Les CDF participent financièrement à l’élan international de solidarité apporté aux Beyrouthins et plus spécifiquement aux chirurgiens-dentistes de la ville martyre.

À travers le Fonds de dotation France Liban, créé à Paris, le 20 août 2020, à l’initiative de la chambre de commerce franco-libanaise, les dons, mentionnant spécifiquement « SOS Dentistes Liban », sont directement adressés à l’Ordre des Dentistes du Liban pour aider à la reconstruction des cabinets et permettre de nouveau l’accès aux soins. Vous aussi, vous pouvez participer à cette opération en aidant vos confrères d’un pays ami et francophone dont l’histoire est mêlée à celle de la France depuis des siècles…

Faites votre don en spécifiant “SOS DENTISTE LIBAN” (déductible des impôts) sur : https://www.fonds-dotation-france-liban.org/donations/250-cabinets-de-dentistes/